Diagnostic amiante en location : à quoi vous attendre lors de l’intervention dès 2027

Diagnostic amiante en location : à quoi vous attendre lors de l’intervention dès 2027
21 Mai 2026

Diagnostic amiante en location : à quoi vous attendre lors de l’intervention dès 2027

Un changement important arrive pour les propriétaires bailleurs et les locataires : à partir de janvier 2027, le diagnostic amiante devient obligatoire pour la location de logements, conformément à la publication annoncée du décret prévu par la loi ALUR. Si vous mettez en location un bien immobilier construit avant 1997, ou si vous êtes locataire dans ce type de logement, vous serez directement concerné par cette nouvelle règle. Que va-t-il vraiment se passer chez vous le jour où un diagnostic amiante sera nécessaire ? Comment s’y préparer et que vérifiera le professionnel ? Voici tout ce qu’il faut savoir pour aborder sereinement cette évolution.

Pourquoi le diagnostic amiante évolue pour la location ?

Jusqu’ici, le diagnostic amiante était exigé uniquement lors de la vente d’un logement construit avant 1997. Mais la loi ALUR (loi pour l’Accès au Logement et un Urbanisme Rénové) prévoyait déjà d’étendre cette obligation à la location, avec l’objectif de mieux protéger les occupants face à ce risque invisible mais sérieux. Le nouveau plan d’actions interministériel amiante (PAIA2 2026-2030) annonce enfin la publication du décret attendu, rendant ce diagnostic obligatoire dans le dossier de diagnostic technique (DDT) annexé au contrat de bail dès janvier 2027.

Cette évolution vise à mieux informer les locataires et à réduire les risques d’exposition lors de travaux ou de simples gestes de la vie courante (bricolage, entretien, perçage de murs…). Elle s’inscrit dans une logique de prévention : l’amiante, interdit dans les constructions neuves depuis 1997, reste encore présent dans de nombreux logements anciens.

Ce qui va concrètement se passer chez vous le jour J

Si votre bien est concerné, le diagnostic amiante sera réalisé avant la signature d’un nouveau bail, ou lors de la location d’un bien déjà occupé si le diagnostic n’a pas encore été fait. Le diagnostiqueur viendra sur place pour vérifier la présence ou l’absence d’amiante dans les matériaux du logement.

  • Durée de l’intervention : généralement de 1 à 2 heures selon la surface et la configuration du logement.
  • Accès demandé : le professionnel aura besoin d’accéder à toutes les pièces, y compris les caves, greniers, balcons, et annexes, ainsi qu’aux parties comme les gaines techniques et, parfois, les parties communes d’immeubles.
  • Matériaux vérifiés : la liste précise des matériaux et produits à contrôler sera déterminée par le décret. Il s’agira en priorité des composants connus pour contenir de l’amiante dans les constructions d’avant 1997 (plaques, dalles, faux-plafonds, conduits, etc.).

Le diagnostiqueur peut être amené à effectuer des prélèvements sur certains matériaux suspects, cela se fait de façon localisée et propre, sans travaux lourds ou dégradations majeures.

Ce que le professionnel va vérifier et produire pour vous

L’expert réalise un état d’amiante, c’est-à-dire un rapport écrit recensant la présence ou l’absence d’amiante dans le logement. Ce document doit ensuite être annexé au contrat de location, tout comme le diagnostic de performance énergétique (DPE) ou l’état des risques. Il engage la responsabilité du bailleur.

  • Le rapport mentionnera précisément les matériaux contenant ou non de l’amiante, avec leur localisation exacte.
  • Si de l’amiante est détecté, il précisera l’état de conservation et les éventuelles recommandations (surveillance, travaux, interdiction de percer ou de poncer certains matériaux…).
  • Un support d’information sera également remis au locataire, expliquant les risques d’exposition à l’amiante en cas de travaux de bricolage dans le logement.

À terme, le décret devra évoluer pour imposer l’information sur tous les matériaux et produits contenant de l’amiante (MPCA), qu’ils appartiennent à la liste A (matériaux les plus à risque) ou la liste B, et ce, quelle que soit l’année d’achat du logement.

Comment vous préparer pour faciliter l’intervention

Pour que le diagnostic se déroule dans les meilleures conditions possibles, quelques gestes simples suffisent :

  • Libérez l’accès aux pièces, placards, gaines techniques, caves et combles : le diagnostiqueur doit pouvoir inspecter tous les recoins du logement.
  • Préparez les clés ou les accès aux annexes et parties communes si nécessaire.
  • Prévenez les occupants à l’avance, surtout si des enfants ou des personnes fragiles résident sur place.
  • Gardez à disposition tout document ou diagnostic amiante déjà existant, cela peut accélérer le travail du professionnel.

En cas de doute ou de question, n’hésitez pas à demander au diagnostiqueur de vous expliquer sa démarche. Le rapport final est un véritable document de référence pour la sécurité de tous les occupants.

Conclusion : une démarche de prévention et de transparence

L’obligation du diagnostic amiante en location à partir de janvier 2027 marque une étape importante pour la protection des locataires et la transparence entre bailleurs et occupants. Cette évolution vous concerne si vous êtes propriétaire bailleur d’un logement construit avant 1997, ou futur locataire de ce type de bien. Anticiper le diagnostic, bien préparer l’intervention et prendre connaissance des résultats vous permettront d’aborder cette nouvelle étape en toute sérénité, pour une location plus sûre et conforme à la réglementation.